mardi 18 octobre 2011

Petit Extrait de la première partie de mon travail actuel

Je sais que c'est peu, mais c'est déjà mieux que rien.

"On a dix-huit ans, on écrit sans but et sans regret : on sent tout, mais on ne voit rien. C’est une seconde enfance qui commence alors qu’une autre s’était juste achevée; on progresse sans doute, mais lentement. Les personnages sont sans teinte ni nuance; trop bon ou bien trop méchant car personne ne semble ambigu, on veut écrire le juste vrai. On est alors l’artisan d’un excès, d’une vérité équivoque et sans repère, incohérente et qui ne montre rien."

vendredi 22 avril 2011

Un peu de ... Je ne sais...


(Courte scène, peu d’intérêt sauf intellectuel)

- Puisses-tu te taire enfin ! Tout cela est normal ?
- Je n’ai que faire du normal, du banal, des lieux communs; si mes sentiments me l’imposent, j’irais faire mon marché à travers des stéréotypes. Je ne sais au juste ce qu’il m’arrive.
- C’est pourtant évident. Elle te manque, tu l’aimes, avec profondeur. Peut-être n’étais tu toi-même pas conscient du point auquel tu l’aimes, et pourtant c’est ainsi. Les grands évènements nous informent un peu de l’ampleur de nos actions passées.
- Que toi et toute ta sacrosainte logique ne viennent pas défigurer ce que je ressens, tu ne peux pas comprendre. Tu rationnalises ; tu as le beau rôle. Moi aussi je pourrais appliquer des axiomes, me faire logicien, mais ce n’est pas mon rôle, moi, j’assume le sensible, j’intellectualise, je te mâche le travail, je te fournis la matière. Sans ma perception qu’es-tu ? Une vulgaire loque, un organe que l’on masturbe sans but et sans plaisir. Ne me raisonne pas, pense donc : me voir en détresse t’amuse. Joue toi donc de moi. Je rirai quand tu t’acharneras à asservir le monde à ta raison.
- Pourquoi m’agresser ainsi, que t’ai-je dit ? Ne sois pas si impulsif. Songe donc : sans aucune réflexion posée, guidés par tes fougueuses passions, nous irions dans l’impasse, notre espérance de vie en serait bien limitée, nous serions condamnés à une existence bien misérable, solitaire et outrée. Tes paroles sont belles, j’en conviens, mais où nous mèneraient tes actes ? Certes, je n’ai pas encore raison pour tout et tout le temps, mais, constate donc : la terre et son mouvement, le soleil même, je l’ai compris, alors même que tes fidèles voyaient la première plate et immobile, le soleil comme un dieu. Pour vous la lune n’était qu’une sphère argentée et mystique ; je vous en ai montré la surface.
- Est-ce donc parce que tu nous as montré le désert et le froid qui hantent sa surface que le poète doit abandonner la lune où il chantait si bien ? Que m’importe à moi que les étoiles ne soient que gaz et fusion, que la terre ne soit qu’une poussière dérivant autour d’un grand astre. Tu ne m’as pas encore privé du droit de chanter la beauté de ce monde.

samedi 26 mars 2011

Morale... Morale...

Chacun porte aujourd’hui son jugement. Encore ce jugement apporterait quelque chose qu’il en serait acceptable ou même accepté, mais ce n’est que diatribes moralisées, formatées, acquises à une pensée embourbée dans l’habitude et le stéréotype. Je ne veux pas savoir auquel de ces idéologues mon ami emprunte ses mots, car à cet instant précis, il cesserait d’être mon ami et deviendrait un adversaire. Je m’érige contre quiconque tenterait de m’empêcher de penser ou d’agir comme je l’entends. Ma pensée est mauvaise, ma logique troublée ? Qu’à cela ne tienne, quel intérêt ? ma pensée est née de mon esprit, mes actes de mon seul arbitre, libre malgré lui.

dimanche 6 mars 2011

Et de deux?

J'ai annoncé ce texte il y a peu, je tiens, pour ceux qui me connaissent, a préciser que cette jeune fille n'est qu'un personnage de fiction, qu'il y en elle autant de moi que des gens que je vois au quotidien, et surtout qu'écrire "je" ne signifie aucunement que l'on ne parle que de soi : on parle de soi autant que des autres.

La Jeune fille au bâton de rouge, nouvelle en quelques 800 mots


N
os actions font partie d’un inlassable rituel. L’ennui même n’ose s’insinuer dans la trame d’une telle toile, nous n’osons pas nous battre, nos esprits sont bien trop asservis. On ne recherche pas spécifiquement une habitude, une routine ; elle sait s’instituer d’elle-même insidieusement, presque perfidement.
Dans l’écriture, cette « routine » prend les traits d’une manie, d’un tic : un mot ou une tournure qui s’imposent, un rythme qui devient monotone ; toutes ces choses qui défigurent un texte de bonne volonté. L’habitude nous conduit souvent à ignorer des faits qui devraient pourtant éveiller notre intérêt, des scènes d’une beauté simple ou d’une laideur ordinaire, qui mériteraient d’être admirées.
J’ai souvent déjeuné en face de la jeune fille au bâton de rouge. Son nom importe peu, nous dirons simplement qu’elle avait le regard sévère, la face pâle, les cheveux profondément noirs, et qu’elle avoisinait facilement les cent soixante-dix centimètres. Sa conversation était curieuse, je ne compris jamais ses regards. Elle s’exprimait calmement.
Peut-on réellement décrire quelqu’un ou quelque chose avec une froide logique, avec cette simple clarté, ce simple détachement, qui font l’objectivité ? On énonce lentement les faits qui acceptent, bon gré mal gré, de nous revenir, ainsi, on parle tout autant de soi que d’un autre, on donne aux choses la tournure que l’on veut ; l’écriture n’est pas l’énonciation d’un système de pensée, ce n’est pas qu’un simple point de vue, mais l’expression de mon propre mal-être. Je ne sais donc si elle était ainsi que je l’aurais décrite, je m’en tiens donc à des faits sommaires, lesquels ne me semblent pas empreints de subjectivité. L’imaginaire du lecteur, sa propre pathologie donnera sans doute à mon personnage la vivacité que je lui refuse.
Nos discussions n’avaient aucune continuité, des suites de répliques brèves. Je ne sais pas non plus pourquoi cette forme de conversation s’est imposée, je n’ai pas l’impression d’avoir choisi, c’était peut-être parce que nous mangions, parce que nous ne savions pas forcement quoi dire ou parce que nous avions trop à nous dire. Quelle qu’en soit la raison, je crois que nous la comprenions tous les deux.
Un lycée, bien avant d’être un lieu d’apprentissage, c’est un lieu social. Chacun y recherche un statut une place déterminée ; il y a alors ceux qui sont destinés à y régner, et ceux qui sont sujets. On voit se former des entités sociales. Je ne critique pas ces comportements, ils sont naturels, guidés par une recherche évidente de survie ; l’être collectif résistant plus facilement à son environnement que les seuls individus, il est naturel de se regrouper. Le lecteur aura cependant compris que bien que j’observe sans oser critiquer, ni moi, ni elle avec son rouge à lèvres, n’étions un excellent exemple d’insertion sociale. Nous ne croyions pas qu’il fallût absolument se tourner vers ce mode de vie, que notre voie de subsistance en tant qu’entités relativement peu « insérées » était d’une relative sagesse, et qu’ainsi tant que ces aspects étaient sus et acceptés n’était pas problématique. Le temps nous donna raison : nous pouvions observer nos camarades se débattre avec une vie sociale mal construite alors que nos rapports étaient naturellement plus simples, plus sains car impliquant naturellement moins de paramètres extérieurs.
Aller chaque jour au lycée a pris, au fur et à mesure de ma scolarité, les traits d’un rituel dont je fus assez rapidement lassé. Je me souviens encore aujourd’hui de chaque détail du cours chemin qui me séparait de la salle de cours, la voix de Mick Jagger ou de Bob Dylan masquait l’atrocité sonore de la rue d’abord, du lycée ensuite. Mon quotidien était évidemment régulièrement perturbé : les rencontres que l’on fait dans la rue, l’interdiction du casque à l’entrée de « l’établissement », tous ces détails étaient autant de bâtons dans ma routine qui troublaient alors ma concentration.
Pourtant je savais qu’il existait des choses qui, quelle que soit le nombre fois où je les vis, m’intéresseront toujours autant.
A la fin de chaque repas que nous prenions dans la cantine du lycée (ai-je précisé que nous mangions souvent là ?), elle sortait son rouge à lèvres et son miroir. L’ouvrait alors, s’y regardait avec une étonnante précision, ses yeux effectuaient alors toujours les mêmes mouvements. Puis avec une étonnante lenteur, ouvrait son bâton de rouge, avant de l’appliquer, toujours aussi précise, sur ses lèvres. Elle réglait ensuite des détails accessoires qui m’échappent encore et rangeait avec la même lenteur que lorsqu’il s’agissait de le sortir. Ces actions propres aux jeunes filles me semblent, encore aujourd’hui, écrites à l’avance, comme codifiées.

Toute conversation est-elle une recherche ? Peut-être, oui, il y a la toujours au moins celle de la réponse. Elle, comme moi, ne cherchait pas, elle ne recherchait rien de bien particulier. Il nous suffisait juste de continuer à vivre, à écrire, à elle comme à moi, pas de grande réflexion, juste une philosophie de la survie.

jeudi 3 mars 2011

Et pourquoi pas?

J’ai laissé tomber ma plume, elle s’est brisée, mes feuilles ont suivi, je les ai laissée choir, mon style, lui aussi –pour ce qu’il valait- s’est effondré. La littérature m’a rejeté, j’ai pourtant cherché à la suivre, comme toute les femmes elle m’a écarté.
Pour l’heure, assez de « je », j’ai assez parlé, je me gargarise trop de ma petite personne, qui pourtant n’a que peu d’intérêt. La recherche d’un autre idéal, celle d’une idée guide, c’est assez futile au fond.
La littérature ce fut ma vie, et elle m’a abandonné, elle s’est tirée, c’est une autre de ces infidèles. Je parle d’infidèles, je n’en ai pas connu, je l’ai imaginé. Et pourquoi pas ? Mon imaginaire, fut un temps où il m’intéressait, n’est plus ce qu’il était, l’âge adulte, toi lecteur tu le sais : je pense que c’est être déçu avant tout, l’a détruit. Et pourtant, je ne suis pas encore adulte, ma déception n’est pas encore à son paroxysme. « Ma jeune fille », celle de cette nouvelle que je ne finis pas, le saurait elle, je ne l’ai pas fantasmée : elle m’est juste apparue, elle aurait haï cette tonalité, mais je m’en fiche.
Au point où j’en suis, il y a presque plus rien, plus rien qui ne me permette de m’inquiéter. Enfin pas grand-chose, je me sens Kerouac, mais avec un ordinateur, Burroughs ou un Bukowsky sobre, un Ginsberg hétéro. Mais sans le talent, je ne sais pas, on nait peut-être avec, ou alors on l’obtient, j’ai ni l’un ni l’autre, l’écriture, c’est simplement les tripes, le cerveau et le cœur, c’est physique, et ça se ressent. L’écriture, lecteur-ici encore- excuse-moi, ce n’est jamais un concept, c’est ce qui par définition ne peut pas être exprimé pas des mots simples parce que ces mots eux même sont impliqués dans le processus : un serpent qui se mord la queue.

samedi 12 février 2011

Un petit extrait...

Je dévoile à l'avance le titre de mon prochain texte, il s'agit de "La jeune fille au baton de rouge", j'en publie ici un extrait :


"Peut-on réellement décrire quelqu’un ou quelque chose de façon froidement logique, avec cette simple clarté, ce simple détachement. On énonce lentement les faits qui acceptent, bon gré mal gré, de nous revenir, ainsi, on parle tout autant de soi que de l’autre, on donne aux choses la tournure que l’on veut ; l’écriture n’est pas l’énonciation d’un quelconque système de pensée, ce n’est pas qu’un simple point de vue, c’est l’expression de mon propre mal-être. Je ne sais donc si elle était ainsi que je la décrirais, je me tiens donc à des faits sommaires qui ne me semblent pas empreints de subjectivité, l’imaginaire du lecteur, sa propre pathologie donnera sans doute à mon personnage la vivacité que je lui refuse."

J'essayerai de publier la totalité sous peu... Mais je n'ai guère d'espoir...

J MH L

mercredi 26 janvier 2011

Ennui?

C’est terrible, l’ennui, le spleen, ça vous hante, ça touche à chaque petite parcelle de votre être sans que jamais on ne puisse s’en défaire. L’ennui règne sur ma vie depuis mon plus jeune âge, pour tant je n’ai que très rarement prononcé, même étant petit, cette phrase « Maman / Papa, Je m’ennuie ». Elle ne semble pas avoir de sens à mes yeux. Quand j’entends ces mots sortit du larynx de jeunes enfants, elle me choque presque, comme si ce n’était pas naturel. L’ennui, qu’est-ce pour un môme au fond ? Rien de bien grave, dans une heure ou deux c’est passé, c’est bien vite oublié. Tous ces moments d’inactivité, sont bien plus compliqués à cerner, me sont-ils profitables ?
J’ai souvent évoqué dans ma conversation courante, dans ce que j’écris, le fait d’être laissé seul avec soi-même. Seul avec un ultime ennemi. Lecteur (que c’est pompeux une telle apostrophe) je ne m’aime pas, pas plus que je n’aime parler, ni que je t’aime toi. C’est terrible à dire comme ça, presque pathologique, d’un certain point de vue.
Aujourd’hui, j’ai regardé « Up in the air », film peu intéressant, dans lequel on peut assister à des scènes d’un pathos éhonté. Cependant je ne crois pas y avoir perdu mon temps (quelle valeur a-t-il de toutes les façons…). Pourquoi ? Pour une scène qui, à mon avis, est instructive. Dans laquelle une jeune fille, un personnage de second plan, énonce son homme idéal. En quelque secondes, par quelques répliques elle nous fait une démonstration de tout le formatage dont notre société peut faire preuve. Je n’arrive toujours pas à croire que l’on puisse réellement désirer ce mode de vie, une femme, un chien, des enfants. Tout une vie idyllique que nous vend un certain environnement  intellectuel, pardon si c’est banal. Je maudis de toute mon âme la pensée de notre monde « civilisé ».
Je relis maintenant  ce que je viens d’écrire, et je renonce à tout réécrire.

vendredi 21 janvier 2011

Je suis maladivement optimiste

Depuis quelques temps, les gens ont décidé que j'étais pessimiste. Je dis "les gens", c'est certes impersonnel, mais je ne vais pas attaquer ad nominem des individus que, au fond, j'aime. Moi je considère que même si mes propos ne sont pas toujours extrêmement positif ou rayonnant, c'est peut-être que j'attends pour manifester ma joie un évènement qui vaille quelque part la peine de me réjouir. Ma joie est rare certes, mais, en conséquence je la ressens avec plus de profondeur. Que m'importe que, tous, vous me pensiez sinistre, je ne me considère pas ainsi, et en ce cas comme en bien d'autres je demeure seul juge.
Nombreux sont ceux qui pensaient, qui pensent peut-être toujours d'ailleurs, que mes emportements sont une révolte face à ma pauvre condition d'être "de peu de joie". Je cherche l'espoir, avec un peu de cynisme, je n'attends que de pouvoir enfin voir la lumière, vive, aveuglante du bonheur, de pouvoir observer ce monde d'une autre façon. Mon écriture, que tu supportes patiemment lecteur, est pour moi le symbole de ce bonheur qui est d'autant plus savoureux que l'on a attendu pour l'obtenir. 
Une amie m'a dit un jour que l'on finira par obtenir "ce que l'on nous a promis". Je sais que l'on ne m'a rien promis, que je suis le seul à fixer mes attentes de la vie, que cette vie enfin ne m'amènera assez probablement pas les belles choses, ne comblera pas toutes mes désirs. Je sais aussi qu'être adulte c'est à mon avis savoir que ces même désirs ne peuvent être comblés que du fait de notre volonté laissant sinon place à une déception légitime, c'est bien pour cela que je ne peux qu'espérer, que travailler a obtenir des résultats et ne peux donc point m'adonner encore à une joie qui ne me comblerait qu'a moitié. 

mardi 18 janvier 2011

Ceci est la 1e nouvelle que je publie


J'ai écrit ce texte alors que plus rien ne me forçait à le faire, j'avais alors exorcisé tout les démons qui parcourraient et hantaient mon esprit auparavant. Ce texte a pris à mesure que je l'écrivais une tournure que je ne prévoyais pas, peut-être est-ce dommageable. 
John

 Car le temps des rares canards est passé

Les dimanches, je savais où je pouvais la retrouver, elle était délicieusement routinière; on la retrouvait toujours dans une étude, une sorte de petite bibliothèque privée au premier étage d’un café déserté. La tenancière, s’était éprise d’elle et la laissait étudier dans la bibliothèque. Cette pièce était autrefois tenue par son mari, qui accumula tout au long de sa vie une impressionnante collection de  livres, certains précieux, d’autres moins, il avait aménagé ce lieu selon son goût, parmi les étagères, un espace avait été libéré afin d’y placer une large table, elle s’installait souvent à cette table pour écrire. Je pouvais passer ma journée à contempler sa concentration : j’entrais discrètement, et sans bruit j’allais m’asseoir dans un fauteuil, près d’elle, loin d’interrompre son étude, je crois, que m’entendant entrer, presque inconsciemment, sa concentration redoublait. Je lisais tranquillement, sachant pertinemment qu’elle ne me remarquerait que quand elle déciderait d’interrompre son travail. Je ne sais plus quand nous prîmes cette habitude, quelque part, il me semble qu’il en fut toujours ainsi. Ne sachant pas écrire, mes textes -trop lourds et dépourvus d'intérêt- m’avaient toujours semblé impropre à être lu autrement que par complaisance envers moi, je la regardais écrire, enviant son talent. Elle avait une plume libre des convenances, pourtant elle n’aurait jamais laissé un mot, ni quoi que ce soit, déséquilibrer ou compromettre une de ses phrases. Elle savait que l’agencement des mots était une science difficile, relevant d’une subtile alchimie qu’un rien gâche. Je me souviens qu’elle cessait d’écrire, et qu’enfin elle relevait les yeux vers moi, nous avions de longue conversation.
“Tu sais, disait-elle d’une voix distraite, je me demande bien pourquoi j’écris ça.  Si ce n’est toi, qui va le lire?
-je ne sais pas, lui répondis-je, je pense que tu devrais continuer d'écrire, quoi qu’il arrive, bien sur ce n'est pas à moi d'en juger mais il me semble que maintenant c'est ce que tu dois faire... Fais simplement ce pour quoi tu es douée.
-J'ai fait un rêve l'autre nuit. C'était troublant.
-Troublant?
-J’étais morte. Je voyais mes funérailles : toute la cérémonie, les invités, les “proches”. Ma fin devait avoir été surprenante car tous pleurait. Tu y étais, mais toi,  tu ne pleurais pas. Pourtant la solitude et le désespoir, c’est toi qu’ils entouraient. Tu étais assis, au fond, tu avais tenu à t’éloigner de mes parents, à raison, je ne sais pourquoi ils ne t’aiment guère, ces hypocrites, ils apprécient les gens comme toi d’habitude, cultivés, bien nés et discrets, c’est à dire “convenables” d’après eux. Ils sentent sans doute que tu détestes ce qu’ils symbolisent, je ne sais pas. J’étais belle dans mon linceul, intacte, avec un sourire presque angélique. La messe passa, le curé, sans aucune difficulté, rempli son office, faire pleurer un peu plus. Puis je vis tout le monde sortir de l’église, vers le cimetière, mon cercueil vous suivait. Pendant toute la cérémonie et pendant la mise en terre tu n’as pas prononcé un mot, ni adressé la parole à personne. Alors que l’on scellait ma tombe, tu es parti, je voulais te suivre, je ne pouvais pas cependant, j’étais retenue loin de toi, la distance entre nous ne cessait d’augmenter. Peut-être qu’une partie de moi ne voulais pas te voir dans cet état.
-Tu penses? Moi je serais curieux de faire de telles observations.
- Je crois déjà savoir à quoi tu ressemblerais, dignement effondré. Les gens pensent qu’il s’agit de retenue, moi je crois que tu ne sais pas exprimer tes émotions correctement et que tu restes droit, c’est un personnage, une façade érigée pour masquer une faiblesse; tu n’aimes pas laisser tes points faibles à découvert, n’est-ce pas? Tu ne crains pas la faiblesse en elle-même, tu ne crains que les autres, et pourtant ton esprit me semble bien plus fort que tu ne me laisses voir.
- C’est ennuyeux de répondre à quelqu’un à qui l’on ne peut que dire vrai, tu sais, c’est comme avoir les mains liées, sans liberté d’action. Je ne pense pas que te montrer à quel point je suis faible et méprisable puisse servir. C’est  agréable surement d’être connu entièrement de quelqu’un d’autre, mais c’est un agrément que je refuse pour le moment. Toi-même, tu entretiens un certain mystère autour de toi, un écran de brouillard pour attirer les gens. Tous les individus cherchent à décrypter ce qu’ils ne comprennent ou ne peuvent comprendre. C’est le propre de l’humain, ce qui le pousse à s’élever haut alors qu’il sait que ses ailes vont brûler. Tu joues sur ce lieu commun, je ne suis alors plus qu’un jouet entre d’autre.
-Cela te déplairais-t-il tant que ça?
-Non, ce n’est pas déplaisant ou désagréable ni à vivre, ni à croire. Je regrette juste d’avoir compris cet aspect de toi. Tu es plus belle encore à travers la brume, quand la lumière délicatement diaphane de la lune t’éclaire.
-Une jolie scène à mon sens, un poème que l’on aurait perdu, l’esquisse d’une scène champêtre où le décor n’est encore qu’un rapide coup de crayon, ou un rêve dans l’imaginaire d’un artiste errant. Lui, son carton sous le bras, mal rasé, le regard vidé par l’insomnie.
-Tu écris trop... Tu laisses ton esprit divaguer.”

Quand elle se remettait à écrire, je m’en allais, la laissant à la merci de son imagination et partant alors errer dans Paris. Mon trajet était toujours plus ou moins le même.

Ma jeunesse s’écoule trop vite, j’ai à peine dix-sept ans et l’insouciance me quitte déjà, lentement. Être adulte, d’un certain point de vue, c’est être déçu, il me reste alors de nombreuses parties d’adolescence, partout en moi. Des rêves doucereux, que notre être sympathique sait impossible, des idées semblables à des dessins d’enfant, tant elles sont naïves. La beauté, je le sais, ne sauvera pas le monde, la littérature non plus. Et cependant, rien ne peut me priver du droit d’y croire encore un peu. Mon esprit, je n’ignore pas cela non plus, évolue, perpétuellement certes, mais par de violents accès. J’ai longtemps songé à mon inconscient, il est une source fascinante de réponses, ou d’interrogation, pardon si  c’est banal.

Rentré chez moi, croisant mon chat, lui, semblable à son maître, trop souvent hautain, je m’assoie alors à mon bureau, et contemple ce désordre dont je suis le fier auteur.
La vie, ça m’a toujours semblé devoir être un peu comme ça, un chat, une bibliothèque, des livres, un amour sans espoir et du désordre pour combler le tout. Je ne sais pas d’où me vient cette idée préconçue, mais pourquoi pas. Je préfère ma vision à celle où j’ai une maison, une famille, un chien et où je nourris en bon papa le tout. C’est pas si simple les idéaux, on sait souvent qu’on devra les compromettre, à partir de là, pourquoi s’y tenir? On serait peut-être mieux servi par le pragmatisme, mais comme je l’ai dit, la jeunesse est garante de la naïveté. Non pas que je n’aime pas les pères de famille modèle, je n’apprécie certes pas l’idée de la famille, de la perfect middle class family, de son hypocrisie conservatrice, mais ce n’est juste pas un mode de vie que je désire. Quand l’on demande aux petites jeunes filles de ces milieux ce qu’elles désirent devenir, certaines, les mieux éduquée, les mieux formatées, elles vous répondent qu’elles aimeraient devenir comme maman mais n’avoir “que deux garçons et une filles”. Je ne peux m'empêcher d’admirer les résultats d’une telle instruction.

Mes livres sont les garants de ma liberté, ils m’ont, alors que j’étais plus jeune, permis de construire mon être, ma personnalité, mes contradictions. Un être humain, de mon point de vue, c’est un ensemble baroque, hétéroclite, que l’on ne comprend au mieux que partiellement. C’est surement d’une banalité terrible de telles affirmations. Mais je sais qu’il est sorti de cette carcasse millénaire de grandes idées, de grands esprits et des livres magnifiques. Tout cela me permet d’affirmer ceci : je crois encore en l’humanité. 

jeudi 13 janvier 2011

Considérons cela comme une introduction

Maintenant que dire ? Quoi qui puisse être intéressant à lire. La vie d’un adolescent  de dix-sept ans n’a rien de passionnant. Passons sur tous les détails glauques comme la masturbation, la scarification, la curieuse dépression qui hantera au moins une fois chaque « ado » dont le QI dépasserait  cent trente points. L’intelligence, qui soit dit en passant est impropre à être évaluée par un vulgaire test (désolé, c’est d’une banalité absolue, mais parfois les lieux communs ont un fond de vérité), ne fait pas le bonheur, car le premier degré de l’intelligence c’est surement de pouvoir comprendre l’aspect vain de sa propre existence. A mesure que j’écris ces lignes, me vient l’idée que me lire doit, à force, être fatigant, ou au moins déprimant, pas grave, que celui que je n’intéresse pas cesse de me lire (cette phrase, compte tenu de mon faible nombre de lecteur est un luxe que je ne peux pas vraiment me permettre.)

Incipit d'une nouvelle ratée

Je sais, je sais, là encore, c'est court et mal écrit... Mais il faut bien que j'ai le temps d'écrire non? Je ne vais pas embaucher un "nègre" (maintenant on dit "ghost writer", c'est plus classe, c'est en anglais et surtout bien plus politiquement correct...) pour écrire sur mon propre blog... Promis, ce week end, j'écris plus long ou je publie un extrait plus long, Promis!!


"On est bien loin du syndrome de la page blanche, les mots viennent désordonnés, par saccades, ils emplissent brusquement l’espace que l’on laissait vide, mais de la pensée a la pointe de la plume, le chemin est fait de méandres, l’idée s’égare et l’on finit par se regarder, l’air contrarié et fixer sans voix la feuille de papier que l’on a sortie. Un Joli vélin crème, sûrement un petit peu trop joli pour ce que l’on voudrait écrire, et le bras  reste paralysé au dessus de la feuille. Alors on se distrait on laisse son esprit vagabonder, partir s’égarer en conjonction et en association d’idée, on revient a la réalité et l’on recommence, ne pas savoir écrire aussi peut-être douloureux."

mercredi 12 janvier 2011

Ceci n'est qu'un extrait.

En attendant d'avoir (enfin) fini d'écrire ce texte et le publier dans son intégralité, j'en publie un extrait, de composition récente.  
"Ma jeunesse s’écoule trop vite, j’ai à peine dix-sept ans et l’insouciance me quitte dèjà, lentement. Être adulte, d’un certain point de vue, c’est être déçu, il me reste alors de nombreuses parties d’adolescence, partout en moi. Des réves doucereux, que notre être sympathique sait impossible, des idées semblables à des dessins d’enfant, tant elles sont naïves. La beauté, je le sais, ne sauvera pas le monde, la littérature non plus. Et cependant, rien ne peut me priver du droit d’y croire encore un peu. Mon esprit, je n’ignore pas cela non plus, évolue, perpetuellement certes, mais par de violents accès.