Je sais bien que j'ai tort, mais en fouinant dans mes archives j'ai retrouvé ce petit extrait pas encore publié et ne l'ayant pas trouvé si mauvais j'ai jugé qu'il fallait le publier... C'est un extrait s'une mini série que j'avais écrite sur le mode du journal, genre de spin-off de mon travail en bibliothèque... Je ne l'ai pas recorrigé histoire de garder une certaine spontanéité...
"Journal de Charlotte A.
C’est une bien curieuse chose que l’amour adolescent. Plaisir et souffrance, certes... ambiguité terrible, hormones à foison et sublimation garantie. La caresse la plus simple, la plus élémentaire du monde, est cause de volupté, et le vif déplaisir, la quasi douleur, de la brulure qu’elle nous cause est toute embellie du feu qui nous consume. C’est si banal tout ca... Si commun , si attendu.. On ecrit aussi mal sur l’amour que sur la haine. il y a cependant une imperceptible différence : la plume que l’on trempe dans la haine est bien plus incisive : elle pénêtre les chairs, elle ronge l’acre senteur de l’amour pourrissant, moitié putride et s’en nourrit. C’est facile d’écrire haineux, c’est bien facile et les exemples sont nombreux. Il n’y a pas de lettre mieux ecrite que celle qu’on désigne à son contradicteur abhorré. La plume enamourée courre un risque tout différent : elle se confond dans les bons sentiments et le communément écrit. Il faut un talent presque sans borne pour imiter cet exercice sans se complaire dans le commun. Les lettres d’une religieuse portugaise (et peu m’importe leur authenticité : la vérité est ailleurs que dans le nom de l’auteur) sont un bon exemple d’oeuvre réussie et courte. Le temps des lettres doit vite passer - en littérature au moins - sinon, on ne n’aime plus : on fantasme à mesure que l’absence grandit. Je ne saurais écrire une lettre d’amour. Que dire, car quoi qu’il en fut, les mots et les sentiments meurent les uns avec les autres. Ce qui est formulé en nous résonne avec force, souvent jusqu’a l’écoeurement. L’écoeurement, c’est l’instant où le mot perd sa signification et que la sensation physique prend le pas en nous : on ne pensent plus “j’aime”, cela nous obsède physiquement, pris au coeur."
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